Les grands krachs boursiers

Est-ce que l’économie se relèvera de la crise du coronavirus ?

C’est la question que l’on peut se poser. Mais si la crise inquiète, il faut garder en tête que les crises financières – les krachs – sont cycliques. C’est à dire que même s’ils restent imprévisibles, ils ont tendance à se répéter.

Et vous savez quoi ?

Pour le moment on s’en est toujours relevé. Parfois ce fût long, douloureux mais le résultat reste le même : nous nous relevons.

Alors c’est l’occasion pour nous de revenir sur les plus grands krachs boursiers, ceux qui ont marqué le monde. Ils sont plus nombreux qu’on a tendance à le croire et vous allez pouvoir TOUS les découvrir ou redécouvrir.

Mais avant tout ça, une rapide définition s’impose

Lorsque trop d’actes de vente se font simultanément, les prix baissent brutalement et produisent ce que l’on appelle un krach boursier. Le terme « krach » vient de l’allemand et signifie « grand bruit », comme celui que fait quelque chose qui s’effondre.

C’est pour cette raison qu’on a repris ce terme pour nommer l’effondrement brutal des cours de la bourse. Le krach se produit souvent lorsqu’une bulle spéculative éclate.

La Crise de la Tulipe

En 1636, la Crise de la Tulipe aux Pays-Bas, aussi appelée « Tulipomanie », est souvent citée comme le premier krach de l’histoire des places boursières.

Alors que la tulipe était très à la mode, la demande de bulbes de tulipes est devenue excessive par rapport à l’offre au point que son prix pouvait atteindre celui d’un carrosse avec deux chevaux.

La bulle spéculative finit donc par éclater et les députés d’Amsterdam décident d’annuler tous les contrats relatifs aux bulbes de tulipes. Cette crise est emblématique de ce qu’est une bulle spéculative.

Le premier krach boursier

En 1873, l’unification allemande a pour conséquence la création de nombreuses entreprises. La croissance de celles qui existaient avant l’unification se met donc à ralentir face à la concurrence et le cours de leurs actions baisses.

Les investisseurs sont inquiets et se mettent à revendre massivement les titres qu’ils détenaient. Par manque de capital, plusieurs banques de Vienne se retrouvent en cessation de paiement et la crise financière devient une crise économique.

Le krach d’octobre 1929

Le krach de 1929 est sans aucun doute celui qui a le plus marqué l’histoire de la bourse. Aussi connu sous le nom de Jeudi noir, ce krach s’est déroulé à la bourse de New-York du 24 au 29 octobre 1929 et a été à l’origine de La Grande Dépression, la crise économique la plus dure du 20ème siècle.

Le krach de 1929 est le résultat d’une bulle spéculative initiée quelques années auparavant. La production augmente énormément dans les années qui précèdent le krach, mais les cours boursiers augmentent encore plus (plus de 300% entre 1921 et 1929). 

L’achat d’actions à crédit est autorisé depuis 1926 aux Etats-Unis et contribue à renforcer la bulle spéculative. Les investisseurs qui achètent à crédit ne s’intéressent plus aux dividendes mais plutôt aux plus-values qu’ils réaliseront en revendant leurs titres.

Quelques jours avant le krach, les investisseurs revendent en masse leurs actions. Le jeudi 24 octobre, à l’ouverture de la bourse il n’y a presque pas d’acheteurs. A midi, le Dow Jones a perdu 22,6%. Dans l’après-midi, les banques décident d’intervenir pour acheter des titres et faire remonter les cours.

A la clôture de la bourse, les dégâts sont limités puisque le Dow Jones n’a perdu que 2,1%. Les jours suivants, les cours se maintiennent, mais le lundi 28 octobre, alors que les banques restent en retrait, le Dow Jones perd 13%.

Le lendemain, la situation ne s’améliore pas et l’indice boursier américain perd encore 12%. Les années qui suivent le krach boursier d’octobre 1929 voient la chute se poursuivre. Ainsi, en 1932, le Dow Jones atteint son niveau le plus bas depuis sa création. Ce krach boursier sans précédent a provoqué l’une des plus graves crises économiques de tous les temps.

Le krach d’octobre 1987

Les bourses du monde entier ont tremblé de nouveau en octobre 1987. Les Etats-Unis sont encore une fois à l’origine de cette crise des marchés financiers. Alors que l’économie se portait bien et que le processus de mondialisation était bien entamé, Wall Street chute de 22,6% le 29 octobre 1987.

Les raisons de ce krach sont nombreuses, mais on retiendra surtout la surévaluation du dollar, la remontée des taux d’intérêts et encore une fois, la bulle spéculative.

Les places boursières européennes et asiatiques ont subi l’onde de choc de la baisse brutale du Dow Jones, mais ce krach n’a pas eu les conséquences économiques de celui de 1929. L’intervention de la banque centrale américaine et le soutien de l’Etat à l’économie permirent de préserver la croissance américaine.

La crise asiatique de l’été 1997

Alors que le modèle de croissance asiatique était cité en exemple dans le monde entier, la Thaïlande prend la décision de laisser flotter sa monnaie, le baht, au début de l’été 1997.

Celui-ci plonge et entraîne avec lui les autres devises de la région. Les taux de change des pays d’Asie du Sud-est ont subi une dépréciation de 30 à 50% durant l’été 1997. Quant au cours des actions, il a baissé, lui, de 20 à 30%. La région du sud-est asiatique avait certes réussi à produire le « miracle asiatique », mais les bases de son financement n’étaient pas saines.

Bulle spéculative, financement opaque souvent corrompu ou encore dette extérieure gonflée, les raisons de la crise financière asiatique de 1997 sont nombreuses. Il faut ajouter à cela que la mauvaise réaction du FMI qui préconise des mesures inadaptées comme des restrictions budgétaires et une hausse des taux d’intérêt a aggravé la situation plus qu’autre chose.

L’éclatement de la bulle internet 2000

La bulle internet, c’est une période de spéculation sur les entreprises de la nouvelle économie qui a commencé avec l’introduction en bourse de Netscape, en 1995.

Dans les années qui suivent de nombreuses start-ups voient le jour et leur valeur est souvent surestimée. En mars 2000, l’indice Nasdaq, qui regroupe les valeurs technologiques et d’internet à la bourse de New-York, culmine à son plus haut niveau.

Mais dans les semaines qui suivent, il perd 27%, et près de 40% sur l’année 2000. Ce krach boursier se répercute dans le monde entier et provoque la faillite de nombreuses start-ups. Seule quelques-unes d’entre elles, à l’instar d’Amazon ou eBay, en sortent gagnantes et deviennent des géants de la nouvelle économie.

La crise des subprimes 2008

Les subprimes étaient des crédits hypothécaires qui permettaient aux ménages américains ne remplissant pas les conditions d’accès à un crédit classique de pouvoir emprunter de l’argent pour acquérir un bien immobilier qui restait gagé jusqu’au remboursement total du crédit.

Ainsi, en cas de défaillance de paiement, on s’assurait de pouvoir récupérer la valeur du bien immobilier qui devait être équivalente ou supérieure à celle de l’emprunt.

Les Etats-Unis surfaient en effet sur une vague de hausse des prix de l’immobilier. Seulement voilà entre 2004 et 2006, la Banque Centrale Américaine a relevé ses taux de 1 à 5% et les crédits à taux variables sont devenus une charge trop importante pour de nombreux ménages.

Les prix de l’immobilier ont également fini par redescendre et c’est ainsi que la valeur des biens immobiliers est devenue inférieure au montant de l’emprunt qui avait servi à leur achat. De nombreux emprunteurs n’étaient plus en mesure de rembourser leur prêt immobilier et les établissements de crédit n’ont pas pu récupérer les sommes prêtées en revendant les biens immobiliers.

Les subprimes ont donc conduit autant les particuliers que les établissements financiers au bord du gouffre. Les subprimes étant considérées à leurs débuts comme des placements juteux par les établissements financiers, des banques européennes ont fait le choix d’investir dans ce produit financier qui était réservé aux ménages américains. Et c’est ainsi que la crise des subprimes a aussi touché l’Europe.

La crise du coronavirus : le crack final ?

Toutes ces grands krashs mettent en évidence des dérives, puis des bulles financières. Le mini-krash du coronavirus peut être considéré comme tel, mais rien ne nous garantit qu’il soit fini.

En mars dernier, la bourse à l’échelle mondiale a été dévaluée de plus de 40% en quelques jours. Ce qui frappe à chaque crise, c’est l’ampleur et la brutalité des baisses.

Mais en déplaise aux détracteurs, nous avons davantage de « chance » d’en sortir vainqueur – une nouvelle fois – que de voir la zone euro s’écrouler.

Il est évident qu’il faudra un jour se poser la question de la dette, mais à court-terme il faut trader ce que l’on voit…

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